Apprivoiser la dyspraxie (TDC)

 

Définir la dyspraxie (TDC)

 

La dyspraxie est un trouble de la planification et de la coordination des mouvements qui sont nécessaires pour réaliser une action nouvelle, orientée dans un but précis. Ce trouble entraîne des difficultés plus ou moins sévères dans l’élaboration et l’automatisation des gestes volontaires. Ainsi, la personne dyspraxique apparaît incapable de planifier, d’organiser et de coordonner ses gestes dans le bon ordre pour produire une action nouvelle et adaptée à l’environnement dans lequel elle agit. (Breton, S. et F. Léger, 2007)

 

La dyspraxie (TDC) est donc un trouble du « comment faire ». Les personnes dyspraxiques (TDC) apprennent à exécuter les tâches motrices avec beaucoup de répétitions et cet apprentissage ne se généralise pas spontanément à d’autres situations. La personne doit donc apprendre chaque variante d’une activité comme si elle était toute nouvelle.

 

La dyspraxie (TDC) entraîne des incapacités qui interfèrent avec l’accomplissement des activités de la vie quotidienne, avec les apprentissages scolaires ou encore avec le travail.

 

La dyspraxie (TDC) est un trouble développemental qui touche plusieurs fonctions du cerveau : intégration des informations sensorielles, perception visuelle, conceptualisation, programmation et exécution motrice, ou encore anticipation du résultat. Aucune cause n’est identifiée avec certitude, mais on retrouve dans la moitié des cas une histoire de naissance difficile. La dyspraxie toucherait environ 6% des enfants de 5 à 12 ans et les garçons en sont atteints de deux à quatre fois plus que les filles. Il faut préciser qu’on ne dispose encore d’aucune statistique québécoise. 

 

 

Les conditions fréquemment associées à la dyspraxie (TDC)

 

§  Les difficultés attentionnelles

 

     Un des troubles les plus fréquemment associés à la dyspraxie (TDC) est le trouble déficitaire de l’attention, avec ou sans hyperactivité (TDA/H). Ainsi, les enfants dyspraxiques (TDC) qui présentent aussi les caractéristiques du TDA/H pourront bénéficier d’un traitement pour celui-ci. Cependant, il faut comprendre que la médication ne traite pas la dyspraxie mais seulement les difficultés d’attention et de concentration.

 

Par ailleurs, l’enfant dyspraxique (TDC) peut paraître inattentif, sans réellement l’être, en raison des difficultés inhérentes à la dyspraxie (TDC) au plan du traitement de l’information, de la perception visuelle et de la vitesse d’exécution. Il faut donc demeurer prudent quant à un diagnostic trop hâtif de TDA/H, puisque bien des enfants dyspraxiques (TDC), s’ils n’ont pas un réel déficit de l’attention, ne seront pas aidés par la médication.

 

§  Les difficultés d’apprentissage

 

     Beaucoup d’enfants dyspraxiques (TDC) présentent des difficultés d’apprentissage à un moment ou l’autre de son cheminement scolaire. Les difficultés peuvent toucher diverses matières et être d’intensité variable selon chaque enfant  et selon son degré scolaire.

 

À la maternelle, l’enfant dyspraxique (TDC) est malhabile dans les activités de coloriage et de découpage et a de la difficulté à emboîter des pièces de jeux de construction ou de casse-tête. Il tend à répéter les mêmes jeux et à observer ses compagnons  plutôt que de jouer avec eux.

 

À l’école primaire, l’apprentissage de l’écriture est particulièrement ardu; l’enfant prend son crayon de façon inefficace, a de grandes difficultés à former ses lettres et est plus lent que ses pairs. Au fil des années, l’apprentissage des mathématiques devient également de plus en plus laborieux et des matières comme l’éducation physique, la musique ou les arts plastiques, loin d’être des occasions de plaisir, sont plutôt des sources d’échec et de frustrations qui contribuent à diminuer l’estime de soi.

 

 

À l’école secondaire, si les difficultés académiques vécues au primaire tendent à se poursuivre, ce sont les nouvelles exigences d’organisation qui représentent le plus grand défi pour le jeune dyspraxique (TDC). En effet, le passage au secondaire amène plusieurs changements autant sur le plan académique que sur les plans social et de l’autonomie. Pour franchir cette transition avec succès, le jeune aura besoin de soutien et de moyens compensatoires qui contribueront à lui faire vivre des succès.

 

 

Les différentes appellations de la dyspraxie (TDC)

 

Le terme dyspraxie est principalement utilisé au Québec et en Europe.

Au Canada anglais et aux Etats-Unis, on utilise plutôt le diagnostic de Developmental Coordination Disorder (DCD) ou Trouble de l’acquisition de la coordination (TAC). Comme le dit son nom, cette appellation met l’accent sur l’aspect moteur du trouble identifié, en spécifiant que les problèmes de coordination, tout comme le terme de dyspraxie, interfèrent avec l’apprentissage à l’école et la réalisation des activités de la vie quotidienne.

 

 

La distinction entre la dyspraxie et la dyspraxie verbale

 

La dyspraxie (TDC) est un trouble de planification des gestes moteurs qui ne touche pas habituellement le langage. On la nomme parfois dyspraxie motrice par opposition à la dyspraxie verbale.

 

La dyspraxie verbale fait partie des troubles primaires  du langage ou dysphasies. Elle désigne un trouble du langage expressif caractérisé par l'incapacité à planifier et à organiser adéquatement les mouvements de la bouche pour produire des sons, des mots ou certaines actions comme souffler, boire à la paille, tirer la langue, etc. Ce trouble entraîne une limitation marquée du nombre de mots produits, de la prononciation, de la fluidité verbale et en conséquence, de l'intelligibilité de la parole. La compréhension est par ailleurs peu touchée. L'enfant atteint de dyspraxie verbale aura donc de la difficulté à se faire comprendre par son entourage alors que lui comprendra bien ce qui lui est dit.

 

Il arrive parfois qu'un enfant ayant une dyspraxie verbale ait aussi une dyspraxie motrice, puisqu'il s'agit de la même difficulté à planifier et à organiser une séquence de gestes, que ce soit pour parler ou pour bouger. À l'inverse, un diagnostic de dyspraxie « motrice » ne mène habituellement pas à un trouble de langage de type dyspraxie verbale.

 

Pour des informations supplémentaires sur la dyspraxie verbale, on peut consulter la brochure faite par l'Institut de réadaptation en déficience physique de Québec (IRDPQ) à l'adresse suivante:

 

www.irdpq.qc. ca => section communication => publications => publications gratuites.

Des copies papier sont aussi disponibles en s'adressant au service des communications de l'IRDPQ communications@ irdpq.qc. ca.

 

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